04
décembre
2014
Avis – L’adéquation formation-emploi au bénéfice de tous et de toutes!

La Coalition, par le biais de sa représentation à la Commission des partenaires du marché du travail, a participé au processus de révision des programmes mené à l’heure actuelle par le gouvernement du Québec. Après une consultation de ses membres nationaux, nous avons produit un mémoire, qui fut transmis au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. François Blais, de même qu’à l’ensemble des partenaires du marché du travail.

Pour consulter la version complète du mémoire.

 

Résumé du mémoire

Information sur le marché du travail

Une solution envisagée pourrait être celle d’une analyse plus locale, issue d’une concertation d’acteurs en place. Par exemple, les conseils régionaux des partenaires du marché du travail devraient pouvoir disposer de ressources et d’une capacité d’action suffisante pour mener à bien les analyses nécessaires. Ces analyses pourraient respecter certains standards ou grands objectifs nationaux. Une meilleure information sur le marché du travail produite au niveau local, selon nous, serait à même de guider les interventions des acteurs, tant du milieu de l’éducation que du travail vers une meilleure adéquation formation-emploi.
Afin de tenir compte des besoins réels de main-d’œuvre des différents secteurs économiques et ainsi ajuster l’offre de formation pour mieux les combler, des analyses qui dresseraient un portrait plus juste et complet de chaque région devraient être privilégiées, et ce, grâce à la participation concertée de tous les acteurs du milieu.

Recherche-Liaison-Transfert

Ce qui manque à l’heure actuelle, ce sont des mécanismes de liaison et de transfert permettant de diffuser et d’accompagner les entreprises et organisations dans l’intégration et l’implantation des résultats de la recherche. De même, les nombreuses sources d’information sur le marché du travail gagneraient à être compilées et réunies par le biais de mécanismes dédiés, accessibles à tous.

Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (Loi du 1%)

Pour nous, la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre constitue un levier unique de développement de la formation. Bien que les résultats peuvent apparaître modestes aux yeux de certains, nous croyons que les outils développés grâce à la Loi et au Fonds n’ont pas encore atteint leur plein potentiel.

La Loi a eu un impact important sur l’organisation de la formation de la main-d’œuvre. Il est certain, selon nous, que son abandon aurait pour effet de réduire drastiquement l’offre et à terme, la formation de la main-d’œuvre au Québec. Le remplacement de milliers d’heures de formation structurées et reconnues, au bénéfice de milliers de travailleurs et d’entreprises, par de la simple formation « sur le tas », en entreprise, ne nous paraît pas intéressant ni respectueux des recommandations de l’OCDE en la matière. Nous croyons qu’il ne s’agit pas là d’un effet souhaitable, compte tenu, de surcroît, que les sommes perçues et versées au Fonds ne pèsent pas au budget de l’État.

Stages

Il s’agit d’utiliser le stage comme un véritable outil d’insertion professionnelle pour des personnes éloignées du marché du travail. L’acquisition des compétences et des connaissances sur le lieu du travail et hors production crée des conditions favorisant le maintien en emploi, une fois la période financée terminée, le tout au bénéfice de l’entreprise, qui obtient ainsi une personne formée et dotée de tout le savoir-faire et savoir-être nécessaires. Les stages rémunérés permettent incontestablement le développement de qualités professionnelles et sont extrêmement pertinents pour les personnes qui doivent absolument travailler et ne peuvent se permettre un temps d’arrêt pour aller vers une formation traditionnelle. De plus, on peut envisager que des stages, en quantité et en qualité suffisante, pourraient contribuer à ouvrir les milieux de travail à une plus grande diversité de la main-d’œuvre, que ce soit au plan social ou ethnique.

Ainsi, pour la Coalition, les stages rémunérés récemment développés par le biais du programme de subvention du Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre constituent une avenue très prometteuse. Ainsi, nous croyons que l’examen de ce nouveau programme de stages rémunérés, en vigueur depuis l’année financière 2014-2015, devrait fournir des pistes d’action permettant d’aller plus loin et d’augmenter l’impact de ce mode de formation.

Politique d’éducation des adultes et de formation continue

Les derniers bilans réalisés en 2007 et en 2014 valident les fondements de la Politique. Si nous voulons obtenir rapidement des résultats concrets en matière d’adéquation formation-emploi, il est important de ne pas refaire tout le travail déjà réalisé, mais le poursuivre dans le cadre d’un plan d’action actualisé, prenant en compte les recommandations et constats déjà convenus. Nous devons donc rappeler toute la pertinence de l’adoption rapide d’un nouveau plan d’action interministériel en éducation des adultes et en formation continue.

Accessibilité de la formation

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, l’ensemble des personnes désireuses de travailler devra être mis à contribution. Ainsi, pour miser en toute équité sur l’adéquation formation-emploi, il est impératif que l’offre de formation et les services d’emploi qui y sont rattachés soient accessibles tant aux travailleurs en emploi que sans emploi. Il convient également de favoriser les passerelles entre le milieu communautaire, celui de l’éducation et des entreprises pour développer et maintenir des projets de formation spécifiquement adaptés à des personnes plus éloignées du marché du travail, en leur donnant accès rapidement à un emploi, de façon à combler des besoins pressants de main-d’œuvre des entreprises. Pour ce faire, nous sommes d’avis qu’il convient reconfigurer l’offre de formation de la main-d’œuvre autour des besoins et non en fonction de programmes ou de volumes de formation prédéfinis.

Gouvernance, reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre (RCMO)

Malheureusement, force est d’admettre que peu de progrès a été accompli depuis 2011 et que l’ensemble du système demeure d’une complexité propre à susciter de nombreux dédoublements et de nombreuses inefficacités. Il demeure plusieurs problèmes fondamentaux dans la gouvernance de l’adéquation formation-emploi :

• Le manque de transparence des qualifications, ce qui induit une difficulté d’estimation de la valeur relative des diplômes et certifications.
• La difficulté de reconnaissance des multiples certifications existantes, principalement criant en ce qui concerne la RCMO et la RAC, qui n’ont que peu ou pas d’équivalences mutuelles.
• L’offre de formation qui ne favorise pas les parcours continus.

Le système de reconnaissance devrait proposer une porte d’entrée régionale unique, où des personnes travaillant pour un organisme d’accueil indépendant des structures actuelles analyseraient les besoins des demandeurs de RAC et de RCMO et les informeraient des différentes options qui s’offrent à eux.

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